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Tempelhof dernière, août 2008L’idée de ce voyage a germée fin juin, lorsque de retour d’un voyage en Scandinavie en escadre à deux avions, nous devions alors nous poser à Tempelhof et que seul l’avion IFR, F-HBFC, avait atteint le terrain avec ses pilotes IFR et pendant que nous autres pilotes VFR sur avion VFR, un Robin DR180, nous nous étions déroutés sur … Copenhague-Kastrup. Mais maintenant c’est la dernière opportunité avant que ce terrain mythique, qui a assuré le pont aérien pour ravitailler Berlin ouest après guerre, ne ferme en octobre 2008. Dis Marco et si on prenait F-HBFC pour aller à Berlin. On s’inscrit en liste d’attente car il y a déjà du monde qui souhaite voler sur l’avion les week-ends d’été. Enfin, une semaine avant le départ, nous apprenons que l’avion s’est libéré. Entre-temps, Fred s’est bousillé le dos et moi je suis encore en vacances ! Mais Marco est toujours libre. On prend rendez-vous avec François qui nous consacré à chacun, Fred et moi, une soirée pour nous lâcher sur l’avion 3 jours avant le départ. Bon, on est loin d’avoir tout vu sur l’avion, en particulier on n’a pas fait d’atterrissage avec la procédure backup manuel (lorsque le calculateur du moteur-hélice à pas variable … est en panne), mais Marco, qui est instructeur IFR américain et qui connaît bien l’avion, sécurisera notre vol. Samedi matin, le temps n’est pas joyeux à Toussus. Il y a des stratus à 500-700 pieds. Le temps de caser les bagages, de faire la prévol après avoir repris une dernière météo, et nous décollons pour un vol IFR à destination de Siegerland (Allemagne). Le temps s’améliore, mais la vue sur Paris reste désespérément bouchée. Marco est déçu de ne pas nous faire admirer cette vue magnifique. Nous passons Beauvais puis Cambrai. Comme les zones militaires belges sont certainement actives, nous passons par Liège (Belgique). Là nous entrons dans les nuages avec un sursaut du copilote, très impressionné. Moi, sac de sable, je trouve cela magnifique mais au niveau 70 par mauvais temps, il commence à faire très froid dans l’avion. Je n’ose pas les perturber devant, mais je commence à ne plus sentir mes doigts. Mais on verra au vol suivant qu’il suffit de tirer suffisamment la manette en passant un point dur, pour avoir un chauffage très efficace ! A l’arrivée, en vue du terrain, Marco choisit de clôturer le plan de vol IFR pour repasser en VFR afin de gagner un peu de temps.
Au sol, un vent froid nous accueille à Siegerland, grande piste perdue dans la forêt avec un restaurant sympathique et quelques avions remarquables tel cet oiseau blanc et rouge.
Après avoir mangé une bonne soupe qui nous a bien réchauffés, nous repartons vers Berlin. Nous jouons avec les nuages qui tantôt semblent proches du sol et tantôt montent assez haut. Le contrôle nous rappelle que nous ne sommes pas autorisés à monter au dessus de FL100. Le sommet du Harz avec cette fameuse antenne Brocken est tapissé de petits nuages qui semblent sortir du sol. L’antenne se découvre pour les photos et le soleil apparaît.
Enfin Berlin est en vue, le point W1, avec l’antenne de télé en face au milieu du lac. On tourne un peu tôt à droite et on ne voit pas le canal qui mène au terrain, puis W2 (l’usine), nous sommes à 2000 pieds au milieu de la ville. Le terrain nous saute aux yeux maintenant, grand cercle de verdure avec au fond le terminal si caractéristique et le grand château d’eau blanc.
Sitôt posé, le carburant est fait (petite incompréhension : au lieu du plein-languette, l’essencier nous fait le plein complet, heureusement la piste est grande !). Sous la casquette du terminal se trouve le Rosinenbomber qui vient de faire une démonstration avec des touristes et que nous admirons et photographions à loisir. On nous prévient au terminal qu’il n’y a plus aucun service : ni météo, ni possibilité de déposer les plans de vol et de prendre les notams, le terrain étant bientôt fermé. Par contre pour les taxes d’atterrissage (70 Euros) il n’y a pas de problème, il faut les payer. Heureusement Marco et Fred ont pris leur PC. À l’hôtel Columbia à 500 m du terrain, nous réservons une voiture et un hôtel pour la prochaine escale du lendemain soir, puis nous partons dîner en ville et faire un peu de tourisme de nuit, Unter den Linden (les Champs Elysées de Berlin), puis la Tour de télé à Alexander platz avec une vue sur la Brandenburger Tor et toute la ville en perpétuel changement.
Dimanche matin, un rideau de pluie nous accueille au lever. Je dois faire le prochain vol vers Friedrichshafen mais je n’ai pas pris mon tuba et mon masque de plongée ! En fin de matinée, finalement nous décidons que Marco fera un premier vol en IFR pour nous sortir de ce marasme.
Il faudra atteindre 6000 pieds et un passage dans le grésil (au fait le mois d’août c’est bien toujours en été ?) pour voir le soleil. À 50 km de Berlin, il fait beau ! Nous nous posons à Leipzig, hub de DHL alors qu’un 747 de Singapore-Airline Cargo attend au point d’arrêt. La piste sera vite dégagée par Marco.
Enfin je vais pouvoir voler ! En ressortant du terminal aviation générale de Leipzig, nous nous heurtons à la pierre météorologique du pilote avec cette légende :
Le moteur est encore chaud. Les essais moteur sont faits au parking pour ne pas embouteiller le taxiway. Après le décollage virage à gauche et puis c’est tout droit : Nuremberg, Ulm, on croise de nombreuses montgolfières très paisibles, et enfin apparaît le lac de Constance avec toute la chaîne des Alpes qui se détache au loin dans le soleil couchant. Puis nous nous posons à Friedrichshafen. Tiens un Zeppelin au loin qui avance paresseusement.
Le soleil éclaire maintenant les sommets environnants, on suit la vallée avec le chemin de fer vers le sud ouest et enfin on déboule à Saanen-Gstaad. Il faut se rendre à l’évidence on est trop haut et trop vite, impossible d’intégrer directement la longue finale. Il nous faut donc suivre ce drôle de tour de piste en huit et aller gratter la montagne avant de se poser sur cette piste très encaissée et pas très longue.
La douane n’est pas là mais nous sommes en retard. Madame l’agent AFIS est pressée d’aller déjeuner. L’essencier très gentil et bavard nous recommande un restaurant à Saanen à 15 mn à pied du terrain où d’ailleurs on le retrouve. Au retour, une célébrité embarque dans un hélicoptère (est-ce Johnny ?). Enfin je reprends les commandes (oui Marco je veux refaire un vol !), une colline en bout de piste, le survol des agglomérations à éviter, l’avion monte gentiment mais sûrement. Ensuite, il faut trouver la sortie de la vallée. Finalement on passe au dessus des montagnes au lieu de suivre une route vers un col et on a une descente plongeante vers Montreux et le lac Léman. Un petit tour dans la vallée du Rhône en amont du lac pour perdre de l’altitude puis on longe le lac jusqu’à Lausanne, en dessous de la classe C de Genève, puis vers le nord est, jusqu’au lac de Neuchâtel, ensuite on monte vers le Jura, les Eplatures puis Besançon, Dijon et enfin Auxerre pour changement de pilote.
Marco nous gratifie d’une arrivée IFR sur Toussus pour clôturer notre voyage. Nous passons par la balise OYE à l’est d’Orly, puis vertical les pistes d’Orly et enfin Villacoublay et Toussus. Un méchant nuage au dessus de Paris nous gâche un peu nos photos mais nous profitons du paysage et de ce vol d’exception.
Merci à Christophe et Jean-Luc d’avoir mis l’avion à notre disposition, Merci à François de nous avoir lâchés, Fred et moi, en un temps record, Et merci à Marco de nous avoir encadrés dans ce voyage et de nous avoir fait partager son expérience IFR.
Solange Août 2008 |
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